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mercredi 20 mai 2026

CSE AEP mai 2026

Vos collègues CFDT AEP souhaitent revenir sur l’annonce des résultats de l’Intéressement/Participation 2026 et expriment leur très forte déception face au message envoyé aux salariés. Année après année, les équipes s’investissent sans compter pour permettre à l’entreprise de produire des résultats toujours plus florissants. Pourtant, malgré des résultats opérationnels exceptionnels, le niveau d’Intéressement/Participation s’établira à 10,07 %, en recul par rapport aux 10,70 % obtenus l’année précédente.

Ce recul s’explique notamment par une diminution du volume des boîtes mails jugée insuffisamment optimisée, ainsi que par un retrait sur le critère de la qualité de service.

La CFDT déplore que les salariés aient à supporter la dégradation de critères qu’ils ne maîtrisent qu’en apparence. Ces résultats interrogent d’autant plus que les efforts demandés aux équipes restent considérables, dans un environnement de travail déjà fortement contraint.

Alors que la surcharge de travail est identifiée par la médecine du travail comme le principal facteur d’anxiété et de stress au travail, comment demander aux salariés d’améliorer simultanément la qualité de service ? La CFDT considère qu’il est contradictoire d’exiger toujours plus de performance opérationnelle, tout en laissant perdurer des conditions de travail qui fragilisent les équipes et limitent leur capacité réelle d’action.

De la même façon, dans un contexte de réorganisations successives qui ne laissent pas la place à la stabilité, comment les salariés pourraient-ils retrouver un fonctionnement optimal ?

Les logiques de travail sont sans cesse redéfinies, les repères collectifs sont régulièrement bouleversés, et les équipes doivent continuellement s’adapter. Cette instabilité pèse nécessairement sur l’efficacité quotidienne et sur la qualité du service rendu.

Pour renouer avec un message plus positif à l’égard des salariés, la CFDT réitère sa demande de versement d’une prime de partage de la valeur à l’ensemble des salariés d’AXA France. Cette prime constituerait une reconnaissance concrète de leur contribution aux résultats de l’entreprise et enverrait enfin un signal cohérent avec l’engagement dont ils font preuve au quotidien.

Le bilan social 2025 fait apparaître une légère amélioration des effectifs, avec 95 commerciaux supplémentaires par rapport à 2024, soit une progression de 3,1 %.

Toutefois, ce chiffre, exceptionnellement positif, ne doit pas occulter une réalité préoccupante : le nombre élevé de départs de jeunes salariés. En effet, deux tiers des départs concernent des salariés de niveau 1. Cette situation interroge directement la politique de maintien dans l’emploi des nouveaux entrants, ainsi que les méthodes de recrutement, qui semblent encore trop aléatoires.

La CFDT relève notamment 81 départs durant la période d’essai. À ce jour, nous disposons de très peu de retours sur les causes réelles de ces départs, ce qui ne permet pas d’identifier précisément les leviers d’amélioration. Par ailleurs, 59 départs à la retraite ont été enregistrés sur l’exercice 2025.

Cette dynamique se traduit par une baisse significative de l’ancienneté moyenne, qui recule de 4,67 %, passant de 11,2 années en 2024 à 10,7 années en 2025. Cette diminution concerne principalement les salariés des niveaux 1 et 2, tandis que l’ancienneté progresse chez les cadres. Elle apparaît comme la conséquence directe d’un manque de rétention des salariés les plus récents.

Comme en 2024, la CFDT réitère son inquiétude quant à la continuité et au renouvellement des compétences dans les années à venir.

De manière générale, le nombre de démissions est en baisse, mais il demeure à un niveau trop élevé.

Il est important de souligner que les démissions et ruptures conventionnelles des niveaux 1 et 2 représentent 84 % des départs. Par ailleurs, les licenciements augmentent de 8 %, ce qui constitue un signal préoccupant.

Ces éléments traduisent une dégradation du climat social au sein de l’entreprise.

La CFDT constate également que le taux d’absentéisme reste élevé :

  • 4,76 % en 2025 en France, toutes activités confondues, contre 6 % pour le réseau ;
  • 82 % de l’absentéisme concerne les niveaux 1 et 2 ;
  • 95 % des jours d’absence concernent également ces mêmes niveaux.

On observe en outre une augmentation de l’absentéisme chez les femmes de niveau 1.

Ces données révèlent une forme d’épuisement et de mal-être au travail. Cette situation est notamment illustrée par une hausse de 39 % des journées d’absence pour accident du travail et de trajet, en particulier chez les salariés des niveaux 1 et 2. Ces éléments doivent être mis en perspective avec la baisse de l’ancienneté moyenne et le fort turnover observé dans le réseau.

Le taux d’absentéisme dans le réseau AEP est probablement lié à une forte pression commerciale et à une charge de travail croissante. Ces facteurs contribuent à détériorer la santé mentale des salariés ainsi que leurs conditions de travail. Dans ce contexte, la CFDT s’interroge sur la volonté réelle de l’entreprise de respecter la qualité de vie au travail, ainsi que sur l’application concrète de ses engagements sur le terrain.

Concernant la promotion interne, la CFDT note une progression importante des passages du niveau 1 au niveau 2, avec 110 personnes concernées, soit une hausse de 20 %.

En revanche, les passages du niveau 2 à la classe 5 reculent fortement, avec 46 personnes concernées contre 70 en 2024, soit une baisse de 34 %. Ces évolutions s’expliquent notamment par les nombreux départs prématurés constatés au sein du réseau.

En matière de rémunération, la CFDT constate une augmentation moyenne de 4 %.

Cette progression atteint :

  • +4 % pour le niveau 1 ;
  • +5,4 % pour le niveau 2.

En revanche, l’augmentation n’est que de +0,6 % pour les cadres, ce qui ne compense pas l’inflation cumulée des deux dernières années, évaluée à 2,9 % selon l’INSEE.

Concernant la formation, les moyens alloués au réseau progressent, avec une augmentation de 8 % des heures de formation.

Toutefois, le recours massif à l’e-learning, devenu la norme, interroge. La CFDT rappelle que les formations en présentiel sont souvent plus efficaces, notamment pour accompagner les nouveaux entrants et consolider les compétences opérationnelles. Il est également regrettable qu’une partie de ces investissements soit perdue lorsque des salariés quittent l’entreprise durant leur période d’essai.

Afin de réduire les départs, de limiter l’absentéisme et d’améliorer concrètement la qualité de vie au travail, AXA doit poursuivre ses investissements dans le réseau AEP, renforcer et respecter ses engagements, et continuer à développer la formation, en privilégiant notamment le présentiel.

Pour l’ensemble de ces raisons, la CFDT invite ses élus à rendre un avis d’abstention.